Bonjour,
Je me suis récemment replongé dans l'Histoire de la seconde guerre mondiale et plus précisément sur l'héroïsme de Jean Moulin.
Jean Moulin était un préfet célèbre car il a :
-unifié les différents mouvements de résistance en France contre les Nazis (les résistances pouvaient se détester entre elles pour différentes raisons)
-refusé de dévoiler de quelconques informations sous la tortures des Nazis (il est connu pour ça)
Il existe cependant une controverse : René Hardy.
Ce type était un résistant du haut du panier : il était responsable national du réseau Résistance-Fer et organisait des sabotages ferroviaires contre les Nazis. Lors d'une arrestation massive à Caluire (près de Lyon), René Hardy a été rapidement relâché par les Nazis (puis arrêté de nouveau, et relâché aussi vite). Ce qui est inhabituel dans leurs méthodes. Cela a donc immédiatement soulevé des interrogations graves : a-t'il parlé ? révélé des informations ? est-ce à cause de lui que Jean Moulin a été trouvé et arrêté ?
Il est souvent perçu comme un traitre présumé de la résistance. Aucune preuve qu'il a été une balance, mais tous les faisceaux pointent sur lui.
A contrario, Jean Moulin est montré comme un héros.
Si j'ouvre un topic sur ce sujet, c'est pour réfléchir à la question de l'héroïsme.
Jean Moulin est un héros car il a fait preuve d'un courage hors du commun.
René Hardy était un humain lambda qui a (supposément) sauvé sa vie en priorité, au détriment des autres.
Est-ce que, plusieurs décennies après les faits, on peut se permettre de juger un homme dans une situation extrême qui a eu le réflexe de sauver sa vie ?
Ce qu'on offre à Jean Moulin est un trophée de singularité statistique : ce qu'il a fait, peu de gens auraient pu le faire.
Mais ce qu'on oublie de dire, c'est que René Hardy est représentatif de ce que la plupart des gens auraient fait : succomber à la torture.
Il ne doit pas être vu comme un lâche, mais comme un être un humain, il faut pardonner.
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